Au commencement il y a un souffle, une simple respiration. Puis vint la découverte des premiers gestes, des premiers sons… Un chant s’élève. Petit à petit naissent des mots… Ils sont deux sur un plateau blanc crème. Tous deux puisent dans des sacs de toile des graines avec lesquelles ils jouent, qu’ils frottent, disposent, empilent...
Des grosses et des fi nes, des brunes et des blondes, en galets ou en semoule, avec lesquelles ils tracent des voies, de l’un vers l’autre, l’un avec l’autre…
Sur le papier, les graines sonnent. Elles dessinent des lignes, des formes… Sur la paroi, derrière eux, un fi l se déroule ; traçant sa voie, il s’étire, s’étend… Des mots s’écrivent. Haïku : Maintenant, le cerf-volant / est une portion du ciel.
Pas de temps mort, un plein délié, des voix harmoniques, un geste qui entraîne un autre, des objets, une trace, un mantra dans lequel l’enfant s’abandonne, sans but, sans attente, nourri.